Native de La Rochelle

À la recherche de la vérité...

 

Gail Moreau-DesHarnais,
SFOHG La Pionnière
du sud-ouest

 

Suzette Leclair,
Algonquienne-Wendat,
SFOHG Toronto


Magoua.clan@gmail.com

Johan Robitaille,
Algonquienne-Wendat,
SFOHG Toronto
Projet Amerindian Ancestry
Out of Mi'kma'ki

Petitefleur_qc@yahoo.com

Le Chaînon, Hiver 2009, Volume 27, number 1 SFOHG

Archives Canada (Girl in busckskins)


Article publié dans Le Chainon [SFOHG] Volume 27 Numéro 1 Hiver 2009 pp. 53-62

[La version anglaise de cet article a été publiée dans le Michigan's Habitant Heritage [FCHSM] Vol. 30 No 2 Spring 2009]

 

Préambule

Linda Lauzon, Directrice Générale, Société franco-ontarienne d'histoire et de généalogie

 

L’aventure Catherine Pillard continue toujours d’occuper nos recherches.

 

Suite à la parution des premiers articles dans Le Chaînon[1] à l’automne 2007 et en 2008, Gail Moreau-DesHarnais, membre de la SFOHG La Pionnière du sud-ouest à Lakeshore, près de Windsor (Ontario) et également membre du French-Canadian Heritage Society of Michigan, s’est jointe à un groupe de discussion créé spécifiquement pour permettre aux généalogistes d'exprimer leur opinions quant à la validité des résultats de tests d'ADNmt en généalogie et, plus particulièrement, sur ceux des descendants de Catherine Pillard, qui ne font évidemment pas l'unanimité dans le monde généalogique.

 

Au tout début, Gail faisait partie des généalogistes sceptiques quant aux origines réelles de Catherine Pillard. La vive controverse déclenchée par les interprétations divergentes des tests génétiques et les commentaires négatifs qui s’ensuivirent l’ont motivée à pousser à fond une recherche généalogique traditionnelle. Afin de vérifier l’exactitude des origines de Catherine, il lui fallait dénicher et éplucher tous les documents disponibles concernant cette dernière.  Plus ses recherches avançaient, plus son scepticisme s’estompait. Elle est aujourd'hui tout à fait convaincue de la validité des résultats des tests génétiques des descendants de Catherine que nous avons eu l'occasion d'étudier jusqu'à présent. Quatre d’entre eux furent amplement expliqués dans les Chaînon précédents.

 

Il est parfois difficile de rester objectif après un travail aussi exhaustif, mais il a fallu résumer des centaines d’heures de recherche en un peu plus de 5 000 mots pour présenter aux lecteurs l'envers de la médaille, si l'on peut s'exprimer ainsi, afin de les convaincre d'y regarder de plus près, tout comme Gail Moreau-DesHarnais l'a fait.

 

Le but ultime de cet article est de permettre aux lecteurs d’entreprendre le même cheminement aboutissant à une conclusion crédible. Nous n’avons pas la prétention de détenir toutes les vérités. Nous espérons simplement réussir à convaincre les lecteurs, qu'en généalogie, il est nécessaire de garder un esprit ouvert face aux nouvelles méthodes scientifiques et aux nouveaux outils technologiques. Il ne faut pas craindre d’y regarder de plus près lorsque ces nouveaux moyens présentent des résultats contraires aux croyances populaires établies depuis les tous premiers balbutiements de la généalogie.

Il y aura toujours une place pour le progrès et l’innovation. Il ne faut surtout pas avoir peur de la vérité et de la chercher là où elle se trouve, même si ça ne fait pas toujours l'unanimité...

Dans le présent article, les auteures ont remis en question les conclusions tenues pour acquis jusqu’à ce jour par les historiens et les généalogistes au sujet des origines de Catherine Pillard. Elles sont arrivées à un dénouement surprenant qu’il nous fait plaisir de partager avec tous les lecteurs du Chaînon, convaincus ou non.


Qui est l’épouse de Pierre Charron…?

Qui est la véritable « Catherine Pillard », épouse de Pierre Charron ? Quelles sont ses origines et qui sont ses parents ? Jusqu’à tout récemment, selon la croyance populaire, on présumait que Catherine Pillard, fille de Pierre Pillard et de Marguerite Moulinet, avait été baptisée le 30 mars 1646 à La Rochelle, en France et confirmée à Montréal en 1664 sous le nom de Catherine Plate; que cette même Catherine, future épouse de Pierre Charron, aurait aussi fait partie du contingent des Filles du roi arrivées au Canada en 1663. [2] Toutefois, des résultats de tests génétiques d’ADNmt,  soit l’analyse de gènes transmis de mère en fille, fournissant une information génétique sur nos ancêtres éloignés, ont amené un questionnement dont les réponses ne nous permettent plus d’assumer, ni de considérer quoi que ce soit comme acquis.

Les résultats ainsi obtenus par huit descendants de trois des filles de Catherine indiquent que la lignée maternelle de Catherine n’est pas d’origine européenne.

Dans les circonstances, il était nécessaire d’y regarder de plus près.  Après une analyse approfondie de la documentation disponible dans les registres de France et de la Nouvelle-France concernant la famille de Catherine Pillard, épouse de Pierre Charron, nous avons conclus que nous ne pouvions ignorer les résultats des tests génétiques des huit descendants dont nous avons vérifié la généalogie jusqu’à ce jour.

Il fallait donc explorer d’autres possibilités quant aux origines de Catherine Pillard, et prendre en considération la possibilité qu’il puisse y avoir en Nouvelle-France, entre 1663 et 1665, une autre femme  portant un nom similaire. Tous les chercheurs ont rencontré à maintes reprises ce genre de piège dans leurs recherches, et les généalogistes chevronnés s’affairent toujours à détecter la présence de couples ou d’individus homonymes. Et Dieu sait qu’il y en a au Québec comme ailleurs.

De la France à la Nouvelle-France

Un acte de baptême daté du 30 mars 1646 a été trouvé à la chapelle Sainte-Marguerite de La Rochelle, en Aunis, France, pour une dénommée Catherine Pillard, fille de Pierre Pillard et de Marguerite …, le parrain  étant Pierre LaTouche, marchand, et la marraine Antoinette Cochette.[3] Le nom de famille de la mère a été omis dans l’acte, ce qui n’est pas inhabituel pour la période en question.

Bien que non conclusif, selon le Fichier Origine et le PRDH, il s’agit là de l’acte de baptême de Catherine Pillard, future épouse de Pierre Charron.[4]  

 

Une recherche approfondie dans les registres de La Rochelle pour la période en question donne ample matière à réflexion.

On relève le patronyme Pillard dans quelques actes de baptême à Sainte-Marguerite de La Rochelle, en France. Ainsi le 25 décembre 1632, a été baptisé Noël Pillard, fils de Pierre et Marie Palaitte.[5]  Un autre enfant du même couple s’y retrouve, soit le 1er novembre 1636 à Sainte-Marguerite de La Rochelle, a été baptisée Margueritte, fille de Pierre Pillard et Marie Paillete.[6]

 

Le second couple Pillard que l’on retrace dans les registres de La Rochelle est celui de Pierre Pillard et de Marguerite Bouricaud, dont le fils Pierre est baptisé le 19 avril 1635, à la paroisse Notre-Dame-de-Cougnes de La Rochelle. [7]

 

 

Un autre fils, Jean, né du couple Pillard/Bouricaud, est baptisé le 10 novembre 1641 à la chapelle Sainte-Marguerite de La Rochelle.[8]

 

Il y a peut-être d’autres enfants pour le couple Pillard/Bouricaud, mais à ce jour, ils n’ont pas été retracés  dans les registres de La Rochelle. Il est fort possible que Catherine Pillard, baptisée le 30 mars 1646, fille de Pierre et de Marguerite (sans nom), soit une enfant du couple Pillard/Bouricaud. Ce baptême s’ajoute facilement à la suite des dates de baptême des autres enfants du couple. En fait, si c’était le cas, cette Catherine, native de La Rochelle en France, ne pourrait pas être celle qui a épousé Pierre Charron, au Canada, en 1665.

 

Selon l’acte de mariage consigné au registre de la paroisse Notre-Dame de Montréal en date du 19 octobre  1665, Pierre Charron épouse […] Catherine Pilliat, fille de Pierre Pilliat, Maitre Texier et de Marguerite Moulinet de la Rochelle, paroisse Notre-Dame-de-Cognes…[…] ». L’acte de mariage note aussi un fait important dont l’explication est introuvable: « […] Les trois bans publiés et l’opposition faite au premier levée, le dit mariage fait en présence de […] ». On suppose qu’il s’agit ici d’une opposition émise lors de la publication du premier ban; il serait intéressant d’en connaître la raison. Aucun contrat de mariage ne vient corroborer ces informations.

 

Or, cet acte de mariage nous indique que la mère de Catherine Pilliat est Marguerite Moulinet.[9]  Une recherche exhaustive dans les registres de la chapelle Sainte-Marguerite et de la paroisse Notre-Dame-de-Cogne de La Rochelle en Charente-Maritime, ainsi que ceux des paroisses avoisinantes de Saint-Nicolas et de Saint-Barthélemy, démontre l’absence du nom de Moulinet dans les actes contenus dans ces registres.[10] Toutefois, le patronyme Moulnier y apparaît à quelques reprises.

 

À travers les registres de la Nouvelle-France

 

N’ayant trouvé dans les registres de La Rochelle et des paroisses avoisinantes, aucune confirmation du baptême d’une Catherine Pillard issue du couple Pillard/Moulinet, ni même de l’existence de ce couple,  nous avons dès lors concentré notre attention sur les registres de la Nouvelle-France. Notre recherche ciblait une autre Catherine pouvant être la future épouse de Pierre Charron, possiblement d’origine autochtone puisque les résultats des tests d’ADNmt dont il est question correspondent aux marqueurs génétiques des Autochtones de la Nouvelle-France.

 

À partir de 1664, on retrouve à maintes reprises dans les registres et actes notariés de la Nouvelle-France, mention de Catherine Pillard, aussi connue sous les noms de Plat, Plate, La Platte, Laplatte, Pillat, Pilliat, Piliate, Peillate, Peillaste. Jusqu’à ce jour, les historiens s’accordent toutefois sur la chronologie des évènements retracés dans les registres de la Nouvelle-France, concernant Catherine Pillard.

 

Une première mention sous le nom de Catherine Plate est consignée au registre des confirmations de Montréal en date de mai 1664.[11]  Les registres étant tenus en double exemplaire, on y remarque quelquefois des erreurs, ajouts ou omissions; c’est d’ailleurs le cas en ce qui concerne le registre des confirmations dont il est ici question. Dans un premier registre, la liste des confirmés de Montréal, dont le quantième de la date a été omis, est située entre celles des confirmés de Trois-Rivières en date du 1er mai 1664 et du 22 mai 1664; on en déduit donc qu’il s’agit d’une liste en date de mai 1664. Sur cette liste de confirmés se trouve dans l’ordre Catherine Plate, Louyse Chartier et Charles François, huron. Dans le second registre, malgré l’ordre chronologique inchangé, la date de cette liste de confirmés est dite du 11 juillet 1664. On trouve aussi le patronyme « Atsanhannonk » ajouté à Charles François, juste au dessus du mot « huron ».

Drouin-Ancestry Diocèse Québec Confirmations Montréal May 1664 #17/76

Drouin-Ancestry Notre-Dame de Montréal Confirmations Juillet 1664 #92/233

 

 On ignore la date exacte de l’arrivée de Catherine Pillard en Nouvelle-France, et à ce jour, on ne la retrouve sur aucune liste de passagers en provenance de France. Basé sur cette première inscription dans les registres de la Nouvelle-France, on présume que Catherine Pillard, Fille du roi, serait arrivée au plus tard à l’automne de 1663, puisque le premier bateau prévu pour 1664 n’avait pas encore fait son apparition au moment des confirmations de mai 1664. Comme les bateaux arrivaient entre mai et septembre, et qu’une ordonnance limitait la période de fréquentations à une quinzaine de jours, il fallait bien sûr contracter mariage avant que les bateaux repartent. Si Catherine est en fait arrivée en Nouvelle-France à l’automne de 1663, tel que stipulé par la majorité des historiens, elle aurait donc attendu près de deux (2) ans avant de se marier ! À cette période, selon l'acte de baptême de 1646, elle était âgée de 17 ans, donc en âge de prendre époux selon les rites de l’Église catholique. Alors, comment aurait-elle pu échapper aux règles établies par les autorités françaises…?

 

La seconde apparition de Catherine Pillard dans les registres, cette fois sous le nom de Pilliat, sera à l’occasion de son mariage avec Pierre Charron, le 19 octobre 1665 à la paroisse Notre-Dame de Montréal. Il est intéressant de noter qu'au recensement de Montréal en 1667, la famille Charron est décrite comme suit: Pierre Caron, âgé de 31 ans - Catherine Platte, la femme âgée de 18 ans - un enfant âgé de 1 an.

 

Catherine Pillard apparaît à maintes reprises dans les registres de la Nouvelle-France, de 1664 jusqu’à sa mort en 1717 à Montréal. Toutefois, comme nous avons pu le constater dans une étude plus approfondie des documents concernant le couple Charron/Pillard et leurs enfants, le nom « Pillard » inscrit tel quel, n’y apparait que très rarement. La liste chronologique à la fin de cet article se résume ainsi : 

  • Charon (2 fois)

  • les variantes de Plat selon la prononciation habituelle 28 fois :

    • Plat (3),

    • Plate (8),

    • Platte (6),

    • Laplatte (5),

    • Laplate (3),

    • Laplat (1),

    • La Plat (1), 

    • Laplacque (1).

  • Les 17 variantes de consonance (soundex) du mot Plat/Plate (pl-at) donnent les résultats suivants :  

    • Pillat (6),

    • Pilat (3),

    • Pilate (2),

    • Piat (3),

    • Pilliat (2), 

    • Piliate (1).

  • On retrouve 4 fois le nom Pillard :

    • Pillard (1),

    • Pillart (1),  

    • Pillar (2).

  • Et finalement, on trouve 7 fois des noms plutôt incertains :

    • Pilette (2),

    • Pilet (2),

    • Peillate (2)

    • Peillaste (1).

 

En y regardant de plus près, on constate que le nom Plat / Plate et sa variante phonétique Pilat est utilisé le plus fréquemment, soit 45 fois sur un total de 56 actes officiels, tous facilement vérifiables.

 

Un fait plutôt inusité a retenu notre attention, et conséquemment, a suscité une autre question : Sébastien Brisson, bien que marié au moins huit ans et demi avec Catherine  Pillard/Pilliat, semble avoir oublié, à quelques reprises, le nom de famille de sa femme pour ne se rappeler que de celui de son mari précédent, Charron. Et comme si ce n’était pas suffisant, il sent le besoin d’y ajouter que celle-ci est « issue de La Rochelle »… Mais de quelle La Rochelle ?

 

Catherine Plat ou Pilliat, originaire de France ou de Nouvelle-France ?

 

Une recherche systématique des registres de Notre-Dame de Montréal de 1645 à 1655 n’apporte  qu’un seul résultat valable pour cette période, mais il est de taille : le 25 novembre 1651 a été baptisée par Claude Pijart « une enfant âgée de 5 mois nommée 8enta, fille de Du Plat et de Annengthon, qui a reçu le nom de Catherine par sa marraine Catherine de La Vaux. » [12]  (traduction libre du Latin) Elle serait donc née vers juin 1651. Sa marraine, Catherine de La Vaux, était l’épouse de Gabriel Barbier.

 

Au bas de la même page du registre paroissial de Montréal, on note le baptême en date du 31 décembre 1651, « d’un enfant nommé Saentsannen, fils d’un Huron décédé et de Etsa8ontông »;  son parrain, Charles d’Ailleboust, lui donna le nom de Charles.

 

Lors d’un échange parmi un groupe de discussion, le généalogiste québécois Denis Beauregard nous a fait remarqué que ce Charles, fils d’Etsa8ontông cité dans l’acte de baptême en question, est fort possiblement le même que celui qui apparaît avec Catherine Plate dans le registre des confirmations de mai 1664 à Montréal, où il est dit se nommer Charles François [Atsanhannonk], Huron. Phonétiquement parlant, la ressemblance est grande, et il a probablement raison d’assumer qu’il s’agit ici d’une seule et même personne.

 

Autre détail fort intéressant, et peut-être pertinent dans cette enquête : l’officiant dans les deux actes de baptêmes mentionnés ci-haut, Claude Pijart, Jésuite missionnaire, a servi chez les Algonquins de 1635 jusqu’à 1650 alors qu’on le retrouve à Montréal. En 1657, il est rappelé à Québec pour servir au sein de la mission huronne de Sillery. Or, Claude est le frère ainé de Pierre Pijart, Jésuite missionnaire né le 17 mai 1608 à Paris et fils de Claude Pijart et de Geneviève Charon. S’agit-il ici d’une simple coïncidence ? Pierre Pijart fût missionnaire en Huronie de 1635 à 1644, alors que lui et le Père Jérôme Lalemant retournent aux Trois-Rivières accompagnés d’un groupe de Hurons d’Ossossané. En janvier 1645, Pierre Pijart est nommé procureur (trésorier) de la mission Huronne jusqu’à son départ pour la France au mois d’août 1650.[13]

 

Il n’en fallait pas plus pour que nous décidions d’y regarder à deux fois. Nos recherches se sont donc concentrées sur  les parents de 8enta (Ouenta) dite Catherine, et tout  particulièrement sur son père prénommé « Du Plat » à l’acte de baptême de celle-ci.

 

Atseña dit Le Plat, chef de la Nation de l’Ours      

 

Une recherche sur Google nous a permis de faire le lien entre Du Plat et Atseña surnommé Le Plat, chef Huron aussi décrit comme « Grand chef de guerre »[14], originaire d’Ossosané.

 

Fort probablement arrivé à Sillery avec le contingent huron de juillet 1650 ou  celui de l'automne 1651, Atseña se retrouve à Montréal en novembre 1651 où il fait baptiser sa fille 8enta dite Catherine. Les Iroquois le repèrent rapidement et le lui firent savoir. Car quelques mois plus tard, soit le 15 mai 1652 à Montréal, un groupe de 50 à 60 Iroquois font prisonniers trois Hurons que nous croyons être sa femme, une de ses filles et son petit fils de 4 ans. Afin de ne pas mettre en danger les Hurons de la Nation de l’Ours qui ont été regroupés dans une « réserve » de l’Isle d’Orléans, Atseña, leur grand capitaine, se retire alors chez les Algonquins de Trois-Rivières.

 

Une première mention d’Atseña, capitaine des Hurons, se retrouve dans les Relations des Jésuites.  Le 2 juillet 1652 à Trois-Rivières, alors qu’il relève des lignes de pêche avec un Français, ils sont tous deux attaqués par un groupe d’Iroquois qui ne blesse que légèrement Atseña, avec qui ils désirent s’entretenir.[15] Des pourparlers s’engagent alors au beau milieu de la rivière, au grand déplaisir des Français et des Algonquins présents.

 

En janvier 1654, les Relations nous apprennent que les Agniers « ont des présents à faire  en cachette aux Hurons de l’Isle et que leur en ayant fait cet automne, Atseña dès ce temps la leur en avoit rendu trois de leur part aux Trois R. pour leur témoigner qu’ils agroient la proposition d’aller en Annieñé ».[16] Promesse que les Hurons devront éventuellement respecter dans l’espoir de voir cesser les attaques iroquoises incessantes sur la petite colonie française qui n’a pas la population nécessaire pour les combattre avec succès.

 

Toujours dans les Relations des Jésuites, nous apprenons qu’en 1655, après la défaite des Hurons à l’Isle d’Orléans aux mains des Iroquois, ces derniers intensifient les modes de pression et l’étau se resserre autour des missions Huronnes de l’Isle d’Orléans, Sillery et Trois-Rivières. Les Iroquois n’auront de cesse que lorsqu’ils obtiendront gain de cause. Le 12 février 1657, on apprend qu’un des deux Iroquois restés dans la cabane d’Atseña (Atchenha) est blessé à la tête d’un tison par un Algonquin ivre venu depuis peu des Trois-Rivières.[17]  Le 10 mai 1657,  le nom d’Atseña dit Le Plat, Capitaine Huron, refait surface dans les Relations des Jésuites, lors des négociations qui ont lieu à Québec entre les trois nations huronnes, soit la Nation de La Corde dont le chef est Étienne Annaotaha, la Nation du Rocher et la Nation de l’Ours dont le chef est Atseña, et deux nations Iroquoises, l’Agnieronon et l’Onontagheronon. Ces derniers cherchent par tous les moyens à convaincre les Hurons de se joindre à leurs nations respectives. Les Pères Jésuites, le Gouverneur de la Nouvelle-France et/ou ses représentants ainsi que les Algonquins, alliés des Hurons, sont présents lors de ces négociations.

 

À la lueur des renseignements fournis par le Journal des Jésuites et par les Relations des Jésuites, il semble évident qu’Atseña ait été le porte-parole de la Nation Huronne au cours des nombreuses négociations entre Hurons et Iroquois entre 1653 et 1657.  Les Hurons étaient tout à fait conscients du sort qui les attendait, ils n’avaient pas oublié la perfidie et la traitrise de l’Iroquois, mais les dés étaient jetés, et il leur était impossible de reculer. Ils se devaient de respecter les promesses faites quatre ans auparavant lors des pourparlers de paix de la Nouvelle-France avec l’Iroquoisie supérieure qui débutèrent en septembre 1653, sinon c’en était finie de cette supposée paix obtenue si chèrement par les Français. En tant que représentant de la Nation de l’Ours dont il était le chef et Grand Capitaine de Guerre, Atseña savait fort bien les conséquences d’un refus au point où en étaient les choses. Mais n’ayant plus l’appui des Français qui recherchait la paix à tout prix pour leur petite colonie, c’était maintenant au tour de l’Huron de se sacrifier au nom de cette « paix »…  Après maintes consultations, il fut résolu que la Nation de la Corde resterait à Québec, que la Nation du Rocher partirait pour Onontagé, tandis que la Nation de l’Ours se mettrait entre les mains de l’Agnieronon.[18] Cette décision allait définir l’avenir de ces trois Nations. Après le départ d’Atseña dit Le Plat pour le pays de l’Agnier au mois d’août 1657, on n’en retrouve aucune mention dans le Journal des Jésuite et les Relations des Jésuites, ou autres documents de l’époque.

 

Cependant, le Père Boquet nous apprend à son retour d’Onontagé le 6 octobre 1657, « le meurtre fait le 3e jour d’aoust 1657, à quatre journées au dessus de Montréal par les Onontageronons, contre les Hurons du Québec qui montaient avec le Père Ragueneau à Onontagé. »[19] Pour sa part, le Père Simon Le Moyne  confirme le massacre de tous les Hurons du dernier groupe qui se rendaient à Onontagé.[20]

 

Le 3 janvier 1658, Québec reçoit des nouvelles du groupe d’Atseña de la Nation de l’Ours lorsque trois Agnierons de passage remettent aux Jésuites des lettres du Père Simon Le Moyne en provenance d’Onontagé. Dans l’une d’elles, il dit qu’il : « déplore la calamité des pauvres Hurons qui s’estant confiez à ces perfides, les ont suivis dans leur païs, où ils sont traitez comme des esclaves. Le mary est séparé de sa femme, les enfans de leurs père et meres; en un mot, ils servent de bettes de charge à ces Barbares. C’est un advis aux Hurons qui restent et qui demeurent encore parmy les François, pour ne pas se fier aisément aux Iroquois, s’ils ne veulent perdre le corps et l’ame. »[21]

 

La Rochelle en Nouvelle-France  

 

En 1615, l’ancienne Huronie, située dans la région de la Baie Georgienne, occupait un vaste territoire montagneux d’environ 800 miles carrés délimité par la Baie de Matchedash, la Baie de Nottawasaga et le lac Simcoe. Cette région était connue des indigènes sous le nom de Wendake et son peuple les Wendats. Ce sont les Français qui à leur arrivée, leur donnèrent le surnom de Hurons, basé sur l’apparence de leur chevelure dressée sur leur tête en forme de hure.

 

Localisation des villages Hurons et des missions des Jésuites 1615 - 1650

Tiré de: Huronia – A History and Geography of the Huron Indians 1600-1650 par Conrad Heidenreich –

 Ministère des richesses naturelles de l’Ontario, Division des sites historiques

 

Selon le Récollet Sagard, « Tequeunoikuaye » aussi connu sous le nom de La Rochelle par les Français et de St-Gabriel par les Récollets, était le chef lieu de la région, et gardien de toutes les bourgades de la Nation de l’Ours. Connu plus tard sous le nom d’Ossosané, la mission fondée par les Jésuites porta le nom d’Immaculée Conception.[22]

 

Les conflits entre les Hurons et les Iroquois existaient depuis fort longtemps. Les défaites des Agniers en 1609 et 1610 aux mains des Hurons et des Algonquins, leurs alliés, aidés par Champlain et ses hommes, ont contribué grandement à envenimer les conflits existants. Ce fut le déclenchement d’une longue série d’attaques impitoyables qui s’intensifieront après 1635, lorsque les Iroquois cherchèrent à s’approprier le monopole de la traite des fourrures. Les guerres incessantes et les nombreuses épidémies eurent éventuellement  raison des effectifs des Hurons. Au début de 1650, avec l’aide des Jésuites et des Français, moins d’un millier de Hurons trouveront refuge à Montréal, Québec, Sillery et Trois-Rivières. Ils sont principalement des Nations de l’Ours, de la Corde et du Rocher, comme on l’apprend à la lecture des Relations des Jésuites.

 

Toutefois, les attaques Iroquoises ne cessèrent point pour autant. Des négociations, auxquelles participèrent les Hurons et les Algonquins, furent entreprises par les Français avec les Iroquois afin d’en arriver à un traité de paix. Le départ des Hurons vers l’Iroquoisie fut le prix à payer pour une paix qui ne fut que de courte durés. C’était chèrement payé.

 

Atseña n’avait d’autre choix que de se sacrifier de même que les membres des Nations de l’Ours et du Rocher. Ce sacrifice avait aussi pour but de permettre la survie d’au moins une des trois Nations Huronnes s’étant réfugiées à Sillery, soit la celle de la Corde. Ces derniers, de même que les quelques Hurons de la Nation de l’Ours et de la Nation du Rocher qui avaient été assimilés par les Français et les Algonquins, sont évidemment les ancêtres de la majorité des Hurons de Wendake, à St-Ambroise de la Jeune-Lorette, près de Québec.

 

Le Journal des Jésuites ainsi que les Relations des Jésuites de 1657 fourmillent d’information sur le déroulement des évènements qui détermineront l’avenir de la nation Huronne. Il est impossible de faire ici un résumé adéquat des évènements qui se sont déroulés en Huronie et qui obligèrent les Hurons à trouver refuge auprès des Français et des Algonquins. Nous conseillons aux lecteurs de consulter les multiples publications disponibles sur le sujet.[23]

 

Épilogue

 

Comme il n’y a qu’un seul Huron dans les registres de la Nouvelle-France, ainsi que dans les Relations des Jésuites, portant le dit nom de Plat, Du Plat ou Le Plat, il n’y a pas de doute qu’Atseña dit Le Plat, chef de la Nation de l’Ours dont il est question dans les Relations des Jésuites, soit en fait le même individu apparaissant aux registres de la paroisse Notre-Dame de Montréal, sous  le nom de Du Plat, père de 8enta dite Catherine baptisée le 25 novembre 1651. Si on suppose que cette Catherine est celle qui épouse Pierre Charron en 1665, cela pourrait expliquer l’opposition faite suite à la publication du premier ban, en raison de l’âge de la future mariée, qui aurait été âgée d’environ quatorze ans à cette période. De plus, cela expliquerait l’usage du nom Plat et de ses multiples variantes comme nom de famille de Catherine, tel qu’il apparait dans les différents registres paroissiaux et dans les actes notariés.

             

Pour résumer, le cercle de vie de Catherine débute en juin 1651 en tant que 8enta fille d’Atseña dit Le Plat alors qu’en novembre suivant, on la baptise du nom de Catherine, fille de Du Plat ; en 1665 à Montréal, elle épouse Pierre Charron; et sa vie prend fin en 1717 sous le nom de Catherine Plat, veuve de Pierre Charron.

  • 25 novembre 1651 – baptême de 8enta dite Catherine, fille de Du Plat

 

  • 24 juillet 1717 – acte de sépulture de Catherine PLAT à Montréal              

(Drouin numérisé – Notre-Dame de Montréal - Acte de sépulture de Catherine Plat, le 24 juillet 1717)

 

Il y a parfois dans la vie de drôles de coïncidences, si coïncidence il y a…. À vous d’en juger.


[1] Catherine Pillard, Fille du roi, Algonquienne d’ascendance sibérienne, née en France vers 1651… Où est l’erreur? Le Chaînon, Volume 25, numéro 3, Automne 2007, pages 25 à 35; Volume 26, numéro 1 et Volume 26,  numéro 2.

[2] René Jetté, Dictionnaire généalogique des familles du Québec des origines à 1730, Les Presses de l’Université de Montréal, Montréal 1983, page 233; Silvio Dumas, Les Filles du roi en Nouvelle-France : Étude historique avec répertoire biographique, La Société historique du Québec, Québec 1972, page 313; Joy Reisinger, Elmer Courteau, The King’s Daughters, Revised Edition, Joy Reisinger: Sparta, Wisconsin, 1988, page 165; Peter J. Gagné, King’s Daughters and Founding Mothers: The Filles du Roi, 1663-1673, Volume 2, Quintin Publications: Pawtucket, Rhode Island, page 458; Yves Landry, Orphelines en France pionnières au Canada: les filles du roi au XVIIe siècle, suivi d’un Répertoire biographique des Filles du roi, Leméac: Montréal, 1992, page 357; site web : http://www.fillesduroi.org/Daughters/Filles/filles.html

[3] Aussi trouvé sur FHL microfilm #1896307, items 1-5. Ce microfilm comprend les paroisses de Sainte-Marguerite et de Notre-Dame-de-Cogne.

[4] Fichier Origine #243300 en date du 17 août 2008.

[5] FHL microfilm #1896307.

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] Ibid.

[9] Archange Godbout, o. f. m., Émigration rochelaise en Nouvelle-France (Archives nationales du Québec, 1970), pages 190 et 191. Selon Godbout, Marie Catherine Pillard est née en 1651, fille de Pierre (Pillard) et Marguerite Moulinet, de Notre-Dame-de-Cogne. Il fait aussi mention de deux individus portant le nom de Pierre Pillard à cette époque à La Rochelle: (1) Pierre marié à Marie Palette / Paillette; (2) Pierre marié à Marguerite Bouricaud. 

[10] Les Archives Départementales de la Charente-Maritime sont maintenant disponibles sur Internet gratuitement au : http://www.charente-maritime.org/conseil_general_17/archives_departementales/accueil_archives.htm.

[11] Family History Library (FHL) microfilm #0375840 (Notre-Dame de Montréal); FHL #1311432, item 14; PRDH #403601 (Mai 1664), #403605 (11 juillet 1664).

[12] PRDH #39463; FHL microfilm #0375840. Le PRDH reconnaît depuis le 19 avril 2008 que le nom du père de Catherine est Du Plat. 

[13] Dictionnaire Biographique du Canada - Volume I.

[14] Relations des Jésuites - Volume III, (Québec: Augustin Côté, Éditeur-Imprimeur près de l’Archevêché, 1858), Table alphabétique page 5.

[15] Relations des Jésuites, Volume 37, page 106

[16] Relations des Jésuites, Volume 41, page 18

[17] Relations des Jésuites, Volume 43, pages 27 et 28

[18] Relations des Jésuites, Volume 43, page 192

[19] Relations des Jésuites, Volume 43, page 58

[20] Relations des Jésuites, Volume 44, page 216

[21] Relations des Jésuites, Volume. 44, pages 202 à 204

[22] Les Relations des Jésuites, Volume V, page 292 (version anglaise seulement)

[23] En particulier : La Société Huronne par Lucien Campeau, S.J. – S.C.H.E.C. Sessions d’étude, 50, 1983, Université du Manitoba;  A Chapter in the History of Huronia - at Ossossané in 1637 by Angela A. Hannan. M.A.;  Les Saints Martyrs Canadiens par Guy Laflèche, Édition du Singulier; Les Relations Abrégées par P.F.J. Brussani, 1653; The Jesuits Relations and Allied Documents : Travels and Explorations of the Jesuit Missionaries in New France 1610-1791, Edited by Reuben Gold Thwaites

 


Chronologie des mentions de Catherine Pillard

dans les actes de la Nouvelle-France de 1664 à 1733

1664

Confirmation à Montréal – Catherine Plate

1665

19 octobre 1665 - mariage à Montréal – Catherine Pilliat (acte non signé par l’officiant)

1666

23 septembre 1666 - baptême de leur fille Catherine à Montréal – Pilliat  (acte non signé)

1667

Recensement - Montréal – Platte – âge 18 ans – (née vers 1649)

1670

26 novembre 1670 - Sorel – baptême d’Antoinette - Pilette (transcription sans signature)

1674

26 février 1674 - Sorel – baptême de Thérèse - Pilate (transcription sans signature)

1675

26 février 1675 - Contrecoeur – Pilate (officiant Louis Petit)

1675

octobre – contrat notarié Notaire Bénigne Basset- Platte

1676

9 avril 1676 – Boucherville – Pillard (officiant Decaumont)

1676

9 avril 1676 – Boucherville – Pillart (officiant Decaumont)

1677

20 octobre 1677 - Sorel – Platte (officiant Benoît Duplein)

1678

5 juin 1678 - Sorel – Pilat (officiant Benoît Duplein)

1679

23 juillet 1679 - au Québec – Pillat / Pillar (?) (notaire Ménard)

1680

13 juillet 1680 - Montréal – Plat – Notaire Mauge

1681

recensement de Longueuil    Pillar- âge 30 (née vers 1651)

1682

3 novembre 1682 - Boucherville – Pillat (officiant Decaumont)

1684

18 octobre 1684 - Boucherville – Pillat (officiant Decaumont)

1685

Décembre 1685 - Cap-de-la-Madeleine – contrat de mariage de Marie Charlotte Charron par Jean Cusson- Laplatte

1686

18 avril 1686 - Boucherville- Pilat (officiant Decaumont); notaire Bourdon  Platte/Laplatte

 

1686

1 mai 1686 - (Boucherville – Pillat (officiant Decaumont)

1686

7 septembre 1686 - Boucherville – Pillat  (officiant Decaumont)

1686

29 septembre 1686 - Contrecoeur – Laplat (officiant Sennemaud)

1686

30 novembre 1686 - Boucherville – Pillat (officiant Decaumont); Notaire Bourdon - Laplatte

1687

3 juillet 1687 - Boucherville – Pilat (officiant Decaumont)

1688

10 mai 1688 - Boucherville – Pillat (officiant Decaumont)

1689

21 février 1689 - Boucherville – Plate (officiant Pierre Rodolphe Guybert De la Saudrays)

1690

7 mai 1690 - Boucherville    Pilette (officiant Rodolphe De la Saudrays)

1690

10 novembre 1690 -Boucherville – Plate (officiant Rodolphe De la Saudrays)

1695

18 mars 1695 - Boucherville – Plate – (officiant Rodolphe De la Saudrays).

Dans la transcription de l’acte microfilmé aux Archives, le nom est enregistré comme Pillard.

1697

4 mars 1697 - Boucherville – Plate (officiant Rodolphe De la Saudrays)

1697

28 octobre 1697 – Laplatte (notaire Adhémar)

1697

4 novembre 1697 – Boucherville – Plate (officiant Rodolophe De la Saudrays); contrat notarié Adhémar : Laplatte

1698

30 mai 1698 – Piat  (notaire Adhémar)

1698

31 août 1698 - Boucherville – Plate (officiant Rodolphe De la Saudrays)

La transcription du même acte omet son non de famille.

1698

25 septembre 1698 – Boucherville – Plate (officiant Rodolphe De la Saudrays)

Une transcription du même acte omet son nom de famille.

1701

10 janvier 1701 – Sorel – Frère Alphonse Droierres – La Plat

1701

24 février 1701- Piat (notaire Raimbault)

1703

14 janvier 1703 - Plat (notaire Tailhandier)

1703

15 janvier 1703 – Pilet (officiant  Francheville)

1703

19 février 1703 – Pilet (officiant  Francheville

1708

25 juillet 1708 – Piat (notaire Adhémar)

1708

25 décembre 1708 – Peillate (notaire Lepailleur)

1709

30 janvier 1709 – Peillaste/Peillate (officiant Priat), âgée de 55 ans (née vers 1654)

1709

10 février 1709 – Piliate (officiant Priat)

1711

1711 -  8 février 1711 – Platte (notaire Jacques Bourdon)

1711

27 juillet 1711 – Platte (notaire Jacques Bourdon)

1714

24 novembre 1714 – Concession de 60 arpents de terre en bois debout à « Bastien Brisson et Marie Charon sa femme… pour en jouir pendant leur vivant […] » (notaire Tailhandier). À noter que Catherine n’était pas présente.

1717

23 juillet 1717 – Caterine Plat –sépulture (officiant : Rangeard) âgée

            d’environ 70 ans – née vers 1647

1722

31 mai 1722 – Contrat de mariage de Sébastien Brisson avec Marguerite Rivière – Catherine est dite Catherine Charon sans  aucune mention comme quoi elle est veuve de Pierre Charron (notaire Senet)

1722

2 juin 1722 – Mariage de Sébastien Brisson à Repentigny. Dans le registre paroissial, il est dit qu’il est veuf de « Catherine Charon issue de la ville de La Rochelle ». À nouveau, aucune indication que Catherine est la veuve de Pierre Charron (officiant M. Gasnault)

 

Deux des filles de Catherine ont été nommées Laplate dans certains registres paroissiaux :

 

1717

28 février 1717 – Saint-Sulpice - Jeanne Charon est dite Jeanne La plate            (officiant P. Lesueur)

1717

3 mars 1717 – Saint-Sulpice – sépulture d’un enfant – à nouveau Jeanne Charon est dite s’appeler Jeanne La plate.

1724

8 juillet 1724 – Verchères- dans un acte de baptême, sa fille Catherine est dite sage femme et se nommer Caterine La plate (officiant Bouffandeau)

1733

9 février 1733 – Longueuil- Jeanne Charron est dite décédée et se nommer Jeanne Laplacque par Ysambart, prêtre



Note des auteures:

Suite à la parution du premier article en septembre 2007, au sujet des origines de Catherine Pillard, Colleen Fitzpatrick, auteure de "Forensic Genealogy" et co-auteure de "DNA & Genealogy", avait fait parvenir le commentaire suivant qui fut publié dans Le Chaînon Vol. 26 No 1:

« Je viens de lire l'article sur Catherine Pillard et ses résultats d'haplogroupe A.

J'aimerais préciser qu'il existait deux Catherine Pillard. La première est née en France et la seconde était une amérindienne qui a changé son nom. Je ne vois aucune raison de questionner les registres baptismaux disponibles pour Catherine Pillard de France, ni de douter du fait qu'elle soit venue au Nouveau Monde.

Le questionnement semble débuter entre l'arrivée de Catherine Pillard de France et le mariage d'une certaine Catherine Pillard à Pierre Charron. Existe-t-il une preuve qui confirme que les deux Catherine Pillard aient été la même personne ? »

Le présent article démontre que les suggestions de Mme Fitzpatrick étaient tout à fait justifiées. Grâce aux registres de la Nouvelle-France, nous croyons avoir fait la preuve que Catherine Plat a.k.a. Pillard, Pillat. etc..., épouse de Pierre Charron, n'est pas la même personne que Catherine Pillard née en France en 1646.

 

 

 

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